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ABCM Zweisprachigkeit a pour but « d’offrir à tous les parents qui en expriment la volonté, la possibilité de faire bénéficier leurs enfants d’une éducation bilingue régionale dès leur plus jeune âge : français-langue régionale d’Alsace et Moselle ».

L’objectif recherché est « en fin de scolarité une maîtrise écrite et orale des deux langues, c’est-à-dire tout simplement d’être bilingue ».

Par langue régionale d’Alsace et de Moselle, il faut entendre l’allemand à la fois sous sa forme standard et sous ses formes dialectales (dialectes franciques et alémaniques de la région)

  • Association reconnue par les Inspections d’Académie des Hauts-et-Bas-Rhin comme association de parents d’élèves
  • Tomi Ungerer, Président d’Honneur
  • Richard Weiss, Président fondateur

Association soutenue par le Conseil régional d’Alsace, par les Conseil général des Bas-et-Haut-Rhin, par la ville de Sarreguemines ainsi que par les communes d’implantation des sites bilingues.

 

La pédagogie du bilinguisme dans les écoles ABCM Zweisprachigkeit

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Selon l’article 2 de ses statuts, ABCM-Zweisprachigkeit a pour but « d’offrir à tous les parents qui en expriment la volonté, la possibilité de faire bénéficier leurs enfants d’une éducation bilingue régionale dès leur plus jeune âge : français-langue régionale d’Alsace et Moselle ». L’objectif recherché est « en fin de scolarité une maîtrise écrite et orale des deux langues, c’est-à-dire tout simplement d’être bilingue » (suite de l’article 2 des statuts).

La langue régionale d’Alsace et de Moselle étant les dialectes franciques et alémaniques et la forme écrite de ces dialectes étant le Hochdeutsch, le bilinguisme tel qu’il est développé dans les écoles ABCM est par conséquent un bilinguisme français-allemand.

Pour atteindre cet objectif, l’enseignement bilingue tel qu’il fonctionne dans les écoles ABCM met en œuvre les principes de l’apprentissage précoce des langues tels qu’ils sont définis par la psycholinguistique acquisitionnelle. Ces principes, qui sont au nombre de 6, sont les suivants:

  • La précocité
  • Une durée d'exposition importante
  • L'utilisation de la langue comme langue-vecteur
  • La continuité
  • Le respect du principe « une personne, une langue »
  • Le principe des « native speaker »

Si ces six conditions sont réunies, un enfant peut parvenir à la maîtrise d'une seconde langue proche de la maîtrise de sa langue maternelle.

La précocité

Les jeunes enfants ont un contact tout à fait différent avec les langues que les adolescents ou les adultes. Ils apprennent par imitation, sous forme de jeu, sans effort. Les mécanismes qu'ils mettent en oeuvre de façon inconsciente pour apprendre une langue étrangère sont les mêmes que ceux mis en oeuvre pour l'apprentissage de leur langue maternelle (c'est-à-dire le français pour la plupart d'entre eux). Ces mécanismes sont des mécanismes de types intuitifs et expérimentaux et ils donnent des résultats spectaculaires, tant les capacités des jeunes enfants pour apprendre les langues sont grandes. Ces capacités baissent progressivement avec l'âge et elles disparaissent après l'âge de 10 ans. C'est la raison pour laquelle la précocité dans l'apprentissage des langues est l'une des conditions de la réussite. Le bilinguisme dans les classes ABCM commence par conséquent dès la petite section de maternelle, c’est-à-dire lorsque les enfants ont trois ans.

La durée d'exposition

Pour que les mécanismes  intuitifs et expérimentaux donnent des résultats optimaux chez les jeunes enfants, il est nécessaire que le temps d'exposition à la nouvelle langue soit suffisamment long. Un simple contact de quelques heures par semaine, sous la forme d'une initiation, est insuffisant. L’idéal à cet égard est représenté par l’immersion totale pratiquée par les écoles bretonnes (Diwan), basques (Ikastolak), catalanes (Bressola) ou occitanes (Calendretas). Les classes ABCM quant à elle fonctionnent selon le principe de la parité horaire à l’école élémentaire – l’enseignement a lieu pour moitié en langue française et pour moitié en langue allemande. Dans les classes maternelles ABCM, la répartition horaire est variable selon les sites : elle va de la parité horaire dans certains sites à un système 2/3 – 1/3 dans d’autres sites (16 d’allemand ou d’allemand et d’alsacien et 10 heures en français).

L'utilisation de la langue comme langue-vecteur pour d'autres activités

Il ne s'agit pas seulement d'un enseignement de l'allemand, notamment dans les petites classes, mais d’une utilisation de la langue allemande. La langue allemande n'est pas enseignée en tant que telle mais elle est utilisée pour des activités habituellement effectuées à l'école maternelle et à l’école élémentaire. De cette façon l'enfant apprend progressivement l'allemand sans s'en rendre compte (c'est de la même façon d'ailleurs qu'il a appris sa langue maternelle). C'est en se servant de la langue allemande que l'enfant l'apprend de même que c'est en se servant de la langue française qu'il l'a apprise dans le cadre des mécanismes de type intuitifs et expérimentaux. A l’école élémentaire, les matières enseignées sont réparties entre les langues françaises et allemandes.

La continuité

Un enseignement bilingue n'a un sens que s'il s'effectue pendant l'ensemble de la scolarité. En effet, l'acquisition de la nouvelle langue s'effectue de façon progressive, de même d'ailleurs que l'acquisition de la langue maternelle. L'enfant franchit un certain nombre d'étapes qui le mènent de l'absence initiale de compréhension à la faculté de produire lui-même des énoncés dans la nouvelle langue. En petite section, les première semaines après la rentrée scolaire, il ne saisit que le sens global des énoncés en allemand, de façon intuitive en fonction de l'intonation de l'enseignant. Dans un second temps il comprend les énoncés les plus simples, mais il n'est pas encore en mesure de parler en allemand et par conséquent il répond en français. Par la suite, il est capable d'articuler quelques mots en allemand mais ses capacités d'expression restent pauvres. Le recours définitif et complet à l'allemand n'a lieu que de façon progressive, en général 18 mois à 2 ans après le début de ses contacts avec la langue allemande. En fait, c'est pendant l'ensemble de la scolarité, de la maternelle au baccalauréat, que se met progressivement en place le bilinguisme.

Le principe « une personne-une langue »

Selon ce principe, les enfants ont deux enseignants, un enseignant qui ne parle que le français avec eux et un enseignant qui ne se sert que de l’allemand avec eux. De cette façon, les enfants identifient chaque langue avec l’enseignant qui leur parle cette langue. Le respect de ce principe est particulièrement important dans une situation où le français prédomine dans l’environnement extrascolaire des enfants et où par conséquent ils ont spontanément tendance à se servir du français et non pas de l’allemand. En cas de respect de ce principe, les enfants se serviront de l’allemand avec l’enseignant qui fait figure de référence pour la langue allemande pour eux et ils pourront par conséquent progresser dans cette langue.

L’emploi de « native speaker »

Par ailleurs, il est important que les enseignants soient des locuteurs de « langue maternelle » dans la langue qu’ils utilisent comme langue d’enseignement ou du moins qu’ils parlent cette langue aussi bien que s’il s’agissait de leur langue maternelle. Le respect de ce principe a pour conséquence que près de la moitié des enseignants qui travaillent dans ABCM sont de nationalité allemande ou autrichienne. Les écoles ABCM ne sont pas seulement des écoles bilingues mais également des écoles biculturelles.

Les avantages du bilinguisme

A l'issue de leur scolarité, les enfants ayant suivi un enseignement bilingue auront des compétences en allemand proches de celles des locuteurs germanophones de langue maternelle. Par ailleurs au collège ils apprendront également plus facilement une troisième langue (l'anglais ou l'espagnol par exemple) car il a été constaté que les enfants bilingues bénéficient d'une aptitude plus grande que les enfants monolingues à apprendre les langues étrangères. En fait, le bilinguisme précoce, en accoutumant le jeune enfant à une gymnastique de l'esprit, développe ses facultés d'analyse. Des études menées dans des régions bilingues (certaines parties du Canada, écoles bilingues en Finlande...) montrent que les enfants des écoles bilingues ont en moyenne des résultats scolaires supérieurs à ceux des enfants des classes monolingues, et ceci dans toutes les matières, y compris en mathématique, y compris dans leur langue maternelle.

 

C’est essentiel ! Charte linguistique pour l’Alsace

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Une langue ne saurait vivre et survivre sans statut lui assurant une existence sociale, économique et culturelle, seul à même de la promouvoir sur le marché linguistique.

Signez l'appel ici

Quelque 6500 langues sont employées à travers le monde. Il en disparaît près d’une centaine chaque année. Disparaissent celles qui ne bénéficient pas d’une reconnaissance officielle ou légale, nationale ou régionale. Pour se rendre bien compte de ce qu’un tel statut devrait contenir et de l’ampleur de la tâche, nous proposons un exemple de charte linguistique pour l’Alsace qui serait à négocier entre l’Etat et les Collectivités Territoriales. Cette charte serait à mettre en œuvre conjointement par l’Etat et les Collectivités Territoriales ou que par ces dernières après avoir obtenu le transfert de compétences nécessaires à son application.

Le statut que nous préconisons conserve évidemment à la langue française son rôle de langue constitutionnelle, officielle et nationale. La co-officialité partagée avec la langue française demandée pour la langue régionale ne concerne que les domaines non régaliens (autres que : défense, police, monnaie, justice et politique étrangère) de la vie publique.

En attendant une loi en faveur des langues régionales de France, nous citoyennes et citoyens d’Alsace signataires du présent Appel demandons aux Collectivités Territoriales d’Alsace qu’elles :

  • adoptent dans les termes proposés ci-dessous, pour le moins dans le préambule et le titre préliminaire, une Charte linguistique pour l’Alsace,
  • fassent ce faisant apparaître comme nous le faisons une demande de droit à l’essentiel,
  • négocient avec l’Etat la mise en application complète de son contenu,
  • mettent d’ores et déjà en œuvre toutes leurs compétences actuelles en la matière.

Charte linguistique pour l’Alsace

 


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